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Jacques LIZENE Petite usine blanche Sculpture nulle Archeologie contemporaine 1988 detail 1
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Jacques LizènePetite usine blanche, 1988

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Jacques LizènePetite usine blanche, 1988

Jacques Lizène se définit comme un "Petit Maître liégeois de la seconde moitié du XXe siècle". Il raconte qu’en sortant de la maternité, la première chose qu’il voit est le mur de briques de l’usine sidérurgique Cockerill à Seraing. Cette banlieue industrielle, aux paysages pollués par les cheminées, fait dès lors partie de son environnement et de son iconographie.

Ces usines sont également un moyen de montrer, en art, ce que son nom "Petit Maître liégeois" implique dans la réalité. "Que faisaient, par exemple, les petits maîtres hollandais nés près de la mer ? Ils peignaient des marines. Comme je n’étais pas né à la côte mais dans une banlieue industrielle, il fallait que je peigne des paysages d’usines ; mais en leur donnant bien entendu une dimension supplémentaire d’art nul"[1].

Sur un mode bouffon, Jacques Lizène se rattache ainsi au courant de la modernité selon lequel l’art doit cesser d’être séparé de la vie quotidienne. Il s’approprie et transforme ironiquement les reproductions d’images dont les techniques actuelles nous submergent et nous saturent, s’en sert comme matériau de ses propres manipulations et propose de les exposer ou de les revendre…. Sa Petite usine blanche, faite de bric et de broc récupérés, mal peinte et sale, se moque de la fascination pour l’archéologie industrielle et de la passion identitaire du paysage national tout en annonçant son éclat. Elle renvoie également au slogan publicitaire de l’ancienne banque belge du Crédit à l’Industrie ("La Petite Usine Bleue"). Et si elle s’inscrit (avec médiocrité) dans une certaine histoire du paysage wallon, c’est avec ses propres filiations et ses propres valeurs (fussent-elles négatives) mais toujours aussi avec une certaine forme de poésie.

[1]BEZAN, C., BOTQUIN, J-M., COLLOT, A., e.a., Le Petit Lizène illustré. Une tentative inachevée d’abécédaire autour de l’œuvre du Petit Maître, Liège, L’Usine à Stars et Crisnée, Yellow Now/Côté arts, 2009, p.53.